Canicule : ce que la loi attend de vous, et ce que personne ne pilote vraiment
49 départements en vigilance rouge ce lundi, dont l’Île-de-France. Des après-midis à plus de 40 °C. Des bureaux transformés en fournaise dès 14h et des équipes qui décrochent.
La canicule de cette semaine n’est plus une question de confort. Depuis le décret du 27 mai 2025, entré en vigueur le 1er juillet dernier, c’est devenu une question d’obligation et de responsabilité pour le dirigeant.
Ce qui a changé (et que beaucoup ignorent encore)
Le Code du travail s’est doté d’un nouveau chapitre dédié à la chaleur intense. Le principe est simple : il s’appuie désormais sur l’échelle de vigilance de Météo-France — jaune, orange, rouge et dès le niveau jaune, l’employeur doit agir. Plus question d’attendre qu’un salarié fasse un malaise pour réagir.
Ce que la loi attend, concrètement :
- évaluer le risque chaleur poste par poste et l’inscrire dans le document unique (le DUERP) ;
- mettre à disposition de l’eau potable fraîche, en quantité suffisante ;
- adapter l’organisation du travail : horaires décalés, pauses supplémentaires, allègement des tâches physiques aux heures les plus chaudes ;
- agir sur les locaux : ventilation, occultation du soleil, température maîtrisée ;
- protéger spécifiquement les salariés vulnérables et les jeunes travailleurs ;
- former les équipes à repérer les signaux d’alerte — maux de tête, crampes, vertiges — et organiser le secours, notamment pour les personnes isolées ;
- et, si les mesures sont insuffisantes, décider l’arrêt de l’activité.
En vigilance orange ou rouge et c’est le cas cette semaine, cette évaluation doit être réactualisée chaque jour.
Le vrai sujet : qui pilote tout ça chez vous ?
Dans un grand groupe, il y a un responsable QSE, un service santé-sécurité, des procédures. Dans une TPE ou une PME, soyons honnêtes : la plupart du temps, personne n’en a vraiment la charge. Le DUERP date d’il y a trois ans, aucune procédure canicule n’existe, et le dirigeant découvre ses obligations… le jour où le thermomètre explose.
Ce n’est pas un défaut d’intention. C’est un défaut de format. Embaucher un responsable sécurité à temps plein n’a aucun sens pour une structure de quinze personnes. Mais ne rien piloter du tout, c’est s’exposer : à un accident, à la responsabilité de l’entreprise, et à un droit de retrait que vos salariés peuvent légitimement exercer.
La compétence partagée, là aussi
C’est précisément le cas d’usage du temps partagé. Une compétence QSE qualifiée, quelques jours par mois, qui met votre document unique à jour, construit un plan canicule simple et opérationnel, forme vos managers et fait de la sécurité un réflexe plutôt qu’une urgence. Vous obtenez le niveau d’expertise d’une grande entreprise, calibré au volume — et au budget — d’une petite.
La chaleur de cette semaine n’est pas un épisode isolé : Météo-France le rappelle, ces vagues vont se multiplier. La question n’est donc pas « comment passer la semaine », mais « comment installer, durablement, la bonne fonction au bon volume ».
Trois réflexes, dès aujourd’hui
- Vérifiez le niveau de vigilance de votre département — et celui de vos salariés en déplacement.
- Assurez l’essentiel immédiatement : eau fraîche, pauses, allègement des tâches pénibles aux heures chaudes.
- Ressortez votre DUERP. S’il ne mentionne pas le risque chaleur, vous savez par quoi commencer.
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